
Le lac Aticlan est une caldeira géante remplie d’eau et entourée de cônes parfaits.




On ne peut accéder qu’à la ville principale en véhicule. Le reste se fait en lancha. Chaque village du bord du lac a sa spécificité
Plusieurs ethnies sont présentes, reconnaissables par leurs huipiles (habits) traditionnels. Quasiment toutes les femmes sont habillés somme cela. On vraie explosion de couleurs et de broderies.







Nous sommes arrivés à aticlan accompagnés d’une petite (bonne grosse) gastro pour moi et Chloé. Dans le camping, une jeune fille fêtait ses 15 ans. La fête la plus importante pour les jeunes mexicaines, tradition provenant de la conquête espagnole.

Cette jeune fille devait faire partie d’une famille particulièrement aisée vu l’ampleur de la fête. En gros ça avait plus l’air d’un concert de Johnny que d’un anniversaire. Une douzaine de musiciens, 200 invités, un milliers de décibels, un feu d’artifice et un helico… une petite fête tranquille quoi. Pas forcément facile de s’endormir cette nuit là. Mais la fête ici se termine toujours à 23h…. Ça va…
La suite nous montrera que ce type de fête n’est pas du tout la réalité des guatémaltèques.
Panajachel, la ville étape accessible par la route bénéficie d’une vue magnifique sur le lac et ses volcans. Au lever du soleil, l’eau reflète les cônes parfaits de ses protecteurs.
Avec nos copains, on visite un peu la ville, égayée par les couleurs des huipiles.






Le lendemain, départ pour San Juan (Bautista) la laguna.


San Juan est un village du bord de lac réputé pour sa tranquillité quand San Pedro l’est pour la fête et San marcos pour le bobo chic. On se sent bien dans cette ville toute en rues tortueuses, colorées et pentues.














Anne, amandine et Chloé ont pris deux heures de cours par jour d’espagnol dans l’école « ecospanishschool » tenue par Maria et Benedicto. Leurs profs, Gaspard et Amalia leur ont permis de bien évoluer dans cette langue qui nous entoure depuis plusieurs mois.




Nous avons passé ces 3 jours dans une famille guatémaltèque :


Erwin le papa. Carmen, la maman. Les fils : Oliver, Jonathan et Kevin..
L’accueil est chaleureux. On déjeune de plats simples et de tortillas. Les filles sont surprises de ne pas manger de viande mais on leur explique que la viande est chère et que les familles du village n’en mangent que une à deux fois par semaine au mieux. Et une fois par mois du poisson.
Erwin travaille pour une entreprise de tourisme canadienne qui organise des tours accès sur la culture, l’écologie et la découverte des contrées profondes du Guatemala. Carmen travaille dans une coopérative de café du village.
En plus de leur travail. La famille produit un café bio sur leur petit terrain. Au Guatemala beaucoup de familles ont plusieurs activités pour éviter de mettre tous leurs œufs dans le même panier et mieux à en sortir en cas de coup dur. Erwin a d’ailleurs obtenu un visa pour aller cueillir des cerises au canada pendant l’été.
Le premier jour nous avons aidé Oliver (qui déteste ça) à récolter les fruits de café et à retirer l’enveloppe charnue. Nous avons goûté du café honey qui n’est pas lavé pour économiser l’eau. C’est bon. On dirait presque du thé tellement c’est fruité et un peu acide.








Le soir nous avons fêté l’anniversaire de Lola (des 6 smiles) dans leur école d’espagnol. Les quintuples étaient là aussi!! Une bonne petite troupe d’enfants encore autour d’une piñata. Blanche neige a eu mal à la tête. C’est super de retrouver les copains au gré de nos arrêts . Les enfants s’entendent tellement bien au bout du monde!




Les jours à San Juan se déroulent avec une douce habitude. Les repas sont pris dans la famille. La journée c’est balade, école, activités. Le matin avec Maylis on retrouve les copains au parc ou au gré de nos balades.
Nous avons eu de multiples activités :
Visite des abeilles mellifères autochtones. Fabrique de chocolat
Visite d’ateliers textiles. Nous sommes charmés par les tissus aux couleurs vives que les femmes tissent à la main sur des métiers traditionnels.






Nous avons expérimenté avec Erwin la torréfaction traditionnelle du café. Moulu sur une pierre ancestrale aux formes symboliques, astronomiques voire mystiques (selon certains, nos ancêtres viendraient d’Orion).
Il nous a fait partager sa passion du café. Des arômes, la méthode de dégustation, l’acidité, l’amertume. Les différences entre la torréfaction oscura ou mediana etc. C’était passionnant de voir cet homme au milieu de ses grains de café nous conter sa passion.
Véritable investissement pour l’avenir de ses enfants, les caféiers sont bien choyés chez erwin.









Montée au mirador de la ville avec les copains,















Balade en canoë sur le lac avec Chloé et les 6 smiles




Visite du village bobo de San Marcos…




La richesse de ces quelques jours au bord du lac réside dans de multiples éléments : Paysages, couleurs, apprentissages de la langue etc… mais la vraie richesse réside dans la rencontre et les échanges avec la famille. En particulier avec erwin, plein de sagesse, de culture et de vision.
Nous avons pu échanger sur des sujets multiples nous permettant de mieux comprendre le Guatemala et la vie de ses habitants.
On a parlé politique. Et du désespoir des descendants des indigènes de voir que les dirigeants du pays sont toujours des descendants des colons… en particulier Parce que les indiens ne votent pas pour les indiens…
Nous avons évoqué la culture du café de Guatemala et sont exploitation basée sur l’esclaclavage des peuples autochtones jusqu’au milieu du 20eme. Et du manque de conscience des agriculteurs de la qualité de leur produit. Les agriculteurs ne boivent que du café provenant des grains invendables, de la plus piètre qualité et ce depuis des siècles…. Une journée de travail d’un agriculteur est payée 45 quetzals. Soit 3.5eu.
Évoqué les inégalités sociales, la main mise des « cortes », descendant des colons sur les terres, les hauts postes et les richesses du pays. Par exemple les terres du village de San Juan sont détenues en majorité par les habitants de San Pedro, le village voisin où résident les cortes. Il est quasiment impossible de fait d’acheter un terrain souvent laissé à l’abandon depuis des lustres…. On ne sait généralement même pas à qui il appartient.
Les problèmes de poubelle sauvages et d’écologie. Mélange d’inaction politique, de manque d’initiatives et surtout de manque de prise de conscience de certains habitants.
Certains villages ont des initiatives payantes mais il faudrait une volonté du gouvernement pour les généraliser.
L’absence d’avenir et l’isolement de certains guatemalteques perdus dans leur montagne. La plupart ayant comme ligne de vie « dia por dia » ce qui signifie : tu gagnes aujourd’hui ce qui te permettra de manger demain.
Nous ressortons particulièrement enrichis de cette semaine au bord du lac. Nous devons repartir sur les routes mais nous avons l’impression d’un peu mieux comprendre la réalité de ce qui nous entoure, derrière la richesse des paysages, l’illusion d’opulence et la tranquillité d’Antigua et panajachel ; le Guatemala a besoin de changements pour réduire les inégalités et faire évoluer la situation de ses habitants.
Le tourisme en immersion est probablement la façon la plus enrichissante de voyager pour toucher du doigt la réalité. On aimerait aller encore plus loin dans l’expérience mais on manque un peu de temps. Une prochaine fois !


C’est souvent par ce genre d’expérience et rencontres que de belles initiatives peuvent naître par la suite… 😉
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